Collections-recherches iconographiques

Mes recherches actuelles s’appuient sur une collection particulière d’estampes, cartes postales, photos, illustrations de livres, d’encyclopédies et de presse, principalement avant le 20ème siècle. Quelques objets manufacturés, éléments naturels, ready-made ou transformés, assemblés, parfois mis en scène viennent compléter la diversité de matériau pour circonscrire un peu plus les propos. Elles présentent des pratiques ou situations sonores qui entendent troubler et désorienter les chemins balisés de l’histoire de la musique, ses musiciens comme sa lutherie, tout du moins tentent-elles de faire état d’expériences peu convoquées, hors du consensus académiste. C’est une petite archéologie de procédés expérimentaux, d’attitudes irrévérencieuses, d’imaginaire transgressif comme de solutions inattendues ou ingénieuses.
Circonscrire les musiques expérimentales n’est pas une mince affaire tant elles s’immiscent dans les pratiques traditionnelles savantes comme populaires (avec une perméabilité toute appréciable) en pointillé ici et ailleurs, d’hier à aujourd’hui. Tenter alors d’appréhender ces manières de faire en les décloisonnant c’est affirmer qu’on ne puisse les réduire à un genre, c’est soulever le caractère libertaire dont elles peuvent faire preuve au-delà de toute chapelle.
Sont donc donnés à voir des objets domestiques sonifiés, instruments dérisoires, inventions anonymes, approches utilitaires, machineries musicales, rituels, détournements d’instruments, amateurisme, bruitisme, procédés aléatoires, situations sonores improbables ou fantastiques, enfants malicieux et animaux facétieux, tout un panel iconographique depuis les marges les plus dissonantes. Ces représentations, qu’elles soient pour rire, comme conjuration, catharsis ou poétique du quotidien entendent alors questionner l’actualité des expériences musicales.
Pour ce faire, les histoires de cabinets de curiosités, chambres de merveilles et autres studioli viennent alimenter la réflexion quant à cette activité de collectionneur : l’hétérogénéité des matériaux, la délicate question du classement, les considérations scénographiques et extra-occidentales, leurs conjugaisons, sont alors autant de problématiques envisagées. Se détachant de la rareté et préciosité chères à de nombreux cabinets depuis la Renaissance, les objets ici présentés, même maigres en détails ou de qualités techniques médiocres (les chromolithographies publicitaires notamment) peuvent néanmoins développer des savoirs et propositions de par les relations qu’ils tissent entre eux.
Ce qui sera donné à voir se jouera des frontières entre l’art et le document, dans une volonté de se réapproprier l’histoire à travers quelques-unes de ses traces, traces anciennes constitutives des imaginaires comme des agissements avant-gardistes et expérimentaux du 20ème siècle (John Cage, Spike Jones, Pierre Bastien, Alvin Lucier, Mamoru Fujieda, Céleste Boursier-Mougenot, Matmos, Mauricio Kagel, Steve Roden, Futurisme Italien, Dada, Fluxus…).
Livre, exposition, création interactive, conférence-concert…? rendez-vous c. 2018.

Quelques diptyques et extraits de séries ; cliquez pour agrandir :

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